Chaleur = fermentation -> exige de l'humidité, impérativementCoffre + châssis vitré -> concentrent la chaleur, excluent l'air du dehorsTerreau de surface -> milieu de développement rapide des racinesTrois types, une seule technique de construction : COUCHE CHAUDE -> fumier de cheval SEUL, sortant de l'écurie COUCHE TIÈDE -> fumiers mélangés + feuilles COUCHE SOURDE -> fumier à demi consommé, chaleur faible et durable# Termes étrangers révélateurs : letto caldo (italien), hot-bed (anglais),# littéralement "lit chaud" — en Angleterre et en Italie# on ne connaît presque pas d'autre type de coucheDIMENSIONS hauteur : 0,65 m à 1 m largeur : 0,80 m à 1,32 m longueur : indéterminée, rarement moins de 2,65 m terreau de couverture : 0,16 à 0,20 m d'épaisseur (le meilleur provient d'anciennes couches rompues ; épaisseur augmentable selon les cultures)ARBITRAGE 0,65 m haut x 0,80 m large -> primeurs les plus précoces, la chaleur des réchauds pénètre facilement 1,00 m haut x 1,32 m large -> s'échauffe et se réchauffe difficilement, mais conserve la chaleur plus longtemps jamais au-delà de 1,32 m -> pour qu'un homme de taille ordinaire atteigne tous les points de la surfaceRÉCHAUDS = fumier en pleine fermentation dont on entoure la couche quand sa chaleur propre commence à baisser peu de cultures forcées s'achèvent sans recours aux réchauds# Fumier ancien conservé au sec : ouvrir le tas, le mouiller,# le refaire aussitôt -> la fermentation reprendCOUCHE TIÈDE fumiers de cheval + vache + mouton, par portions égales ces trois réunis = 1/2 à 2/3 au plus de la composition le reste : feuilles, sèches ou mieux ramassées à la chuteCOUCHE SOURDE fumier toujours à demi consommé en pratique : le fumier des couches chaudes et tièdes démontées chaleur très peu supérieure à celle de la terre au moment du dressage se maintient longtemps MAIS ne peut pas être renouvelée par réchauds# Piège signalé : ne rien confier à une couche tiède avant# de lui avoir laissé "jeter son feu" — c'est un retard souvent coûteux# Coffre en chêne : la chaleur des réchauds y pénètre moins bienGradation des abris : châssis sur couche -> bâche -> orangerie -> serre tempérée -> serre chaudeTHERMOSIPHON principe : circulation d'eau chauffée en circuit fermé variante décrite : faire passer dans le tube du thermosiphon un second tube plus petit, rempli à volonté de vapeur -> dans ce cas, plus besoin de chaudièreORANGERIE hivernage des végétaux d'orangerie, lumière suffisante, aération dès que le temps le permet, arrosements très réduits# Règle commune à tous les abris : l'aération est aussi importante# que le chauffage — l'air confiné perd plus de plantes que le froidEmplacement : terre franche, profonde, saine, ni trop riche (une terre trop riche donne des plants qui souffrent à la transplantation)Exposition : ouverte, pas de stagnation d'humiditéOrganisation: planches et lignes régulières, allées de service, étiquetage rigoureux des variétésRotation : ne pas replanter la même essence sur la même planche# L'ouvrage sépare : pépinière d'arbres fruitiers,# pépinière d'arbres forestiers, pépinière d'arbustes d'ornementSEMIS -> produit des sujets, PAS la variété mère (base de tout porte-greffe)BOUTURE -> conserve la variété ; variante citée : bouture à crossetteMARCOTTAGE -> pour les sujets difficiles à bouturer (provignage pour la vigne, voir tome 2)ÉCLATS / DRAGEONS -> multiplication rapide des souchesGREFFE -> fixe la variété sur un sujet choisi en écusson, en fente, en couronne, par approche# Choix du porte-greffe = choix de la vigueur, de la précocité# et de l'adaptation au sol : décision plus lourde que celle de la variétéFORMES plein-vent / haute tige -> verger, peu de taille quenouille, vase, gobelet -> jardin fruitier espalier, contre-espalier -> mur, chaleur réfléchie, espèces délicates cordons, palmettes -> formes palissées régléesPRINCIPES la taille équilibre vigueur et fructification rabattre fort = provoquer du bois ; tailler long = favoriser le fruit supprimer le bois mal placé avant de raccourcir le reste# L'ouvrage traite séparément la taille du pommier,# et le prunier en espalier — chaque espèce a sa conduite# Vases, quenouilles et formes contraintes supposent une taille suivie :# une forme abandonnée deux ans est perdueTerre de jardin recherchée : franche, profonde (défoncement initial), meuble, saine réserve de terreau entretenue en permanenceDifférence avec la grande culture : densité de plantation très supérieure plusieurs récoltes par an sur la même planche -> restitution obligatoire et continue, pas cycliqueFUMIER DE CHEVAL : privilégié en jardinage propriété clef : sa fermentation se suspend et se reprend à volonté, selon qu'on le tient sec ou mouillé -> c'est ce qui permet de piloter les couchesTERREAU : produit final des couches rompues, base des semisAUTRES : fumiers de vache et de mouton (couches tièdes), feuilles, cendres, amendements calcaires# Le fumier du jardin a deux fonctions distinctes :# fertiliser (enfoui) et chauffer (en couche) — ne pas les confondreEAU réserve : bassin, citerne, puits — eau dégourdie avant emploi distribution : rigoles, arrosoirs, pompes règle : arroser copieusement et espacé plutôt que peu et souventINSTRUMENTS DE JARDINAGE bêche, fourche, râteau, serfouette, binette (dont une binette spéciale pour détruire les mauvaises herbes), serpette, greffoir, sécateur, échenilloir, cloches, paillassons, châssis, coffres# Le binage est présenté comme un arrosage à sec :# rompre la croûte limite l'évaporationGroupes traités : plantes de pleine terre (vivaces, bisannuelles, annuelles) bulbes et oignons à fleurs plantes d'orangerie et de serre plantes exotiques -> multiplication, spécialité française reconnueCalendrier propre au parterre : semis, mise en place, rentrée des plantes non rustiques, division des touffes# Le parterre a sa rubrique dans le calendrier mensuel,# distincte du potager et du fruitierÉléments de composition : masses et bosquets, pelouses, allées sinueuses, pièces d'eau, fabriques et points de vue sujets isolés choisis pour le port et la couleurMéthode : partir du relief et des vues existantes, puis planter en fonction du développement à 20 ans# Une rubrique du calendrier mensuel est réservée# au jardin paysager, distincte du parterrePour chaque mois, cinq rubriques dans cet ordre : § I. Jardin potager § II. Jardin fruitier § III. Parterre § IV. Jardin paysager § V. Orangerie et serres# À l'intérieur de chaque rubrique, l'entrée se fait par espèce# (Asperges, Artichauts, Oignons...), pas par opérationASPERGES — préparer l'emplacement des plantations de printemps (récolte seulement dans 3 ans) fosses creusées à 1 mètre de profondeur largeur : au plus le DOUBLE de la portée du bras d'une personne de taille moyenne agenouillée sur le bord -> pour atteindre le milieu du carré sans marcher dessus laisser les terres extraites subir gel, chaud, sec et humide : cette alternance les améliore avant de recouvrir les asperges le fond de la fosse peut rester médiocre : les asperges ne seront jamais en contact avec luiARTICHAUTS — mois potentiellement funeste donner de l'air en les découvrant chaque fois que le temps le permet danger principal : pluies abondantes mêlées de neige fondue (qui, sous le climat de Paris, remplacent souvent les gelées en décembre et janvier) pieds trop fortement buttés et trop garnis de litière -> pourriture dégarnir promptement, en laissant de quoi regarnir si le froid revient vendre ou manger en janvier les artichauts serrés avant l'hiver avec leur tête à demi forméeOIGNONS — par temps doux, sans pluie ni forte gelée depuis quelques jours hasarder quelques graines en pleine terre, sur les plates-bandes les mieux abritées -> récolte précoce, à employer à mi-grosseur avec les premiers petits pois de pleine terre# Logique générale : en hiver, l'ennemi est l'excès d'eau# et la litière non aérée, pas seulement le thermomètre