Local : frais, ventilé, sol lavable et en pente, éloigné de l'étable, du fumier et de toute odeur forteUstensiles : vases larges et peu profonds pour l'écrémage, barattes, chaudière à bain-marie, presses, moulesContrôle : thermomètre d'essai # température du lait mis en présure galactomètre / aréomètre # densité, détection des falsifications# L'ouvrage consacre des paragraphes distincts aux altérations du lait# et à ses falsifications : écrémage caché, addition d'eauTempérature du lait : 28 à 30 °C (23 à 24 Réaumur) # optimum reconnuDurée de coagulation : 1 à 2 heures pour une prise complèteDose de présure (moyennes citées) : Angleterre 12 g pour 10 litres de lait # environ 1/800 Gloucester 8 g pour 10 litres France souvent moins encore, selon le fromageOrdre des opérations : 1. amener le lait à température (bain-marie, eau chaude ou lait chaud) 2. mettre la couleur 3. mettre la présure ensuite 4. couvrir le baquet aussitôt # perte max. 2 degrés pendant la priseCorrectifs : lait trop chaud -> un peu d'eau froide ou de lait froid lait trop froid -> eau chaude ou lait chaud lait chaud ou écrémé -> MOINS de présureBonne coagulation : caillé homogène, sans grumeaux, élastique, se coupant facilement# Confier l'opération toujours à la même personne :# la pratique est le meilleur guide# Un fromage fait avec trop de précipitation est toujours inférieur2. Rompage : diviser le caillé, séparer le petit-lait3. Pressage : progressif, jamais brusque4. Salage : au sec ou en saumure5. Affinage : cave, température et humidité constantes, retournementsClassement des fromages de lait de vache : I. mous et frais II. mous et salés III. à pâte ferme, soumis à la presse IV. cuits, à pâte plus ou moins dure et pressée + laits de brebis, de chèvre, laits mélangésRésidus valorisés : petit-lait (beurre de petit-lait, brocotte, recuite, serai, ricotte), nourriture des porcs# Les fruitières (associations rurales de fabrication) sont décrites# comme le moyen, pour de petits propriétaires, de faire de grands fromages# Importation citée : 10 018 kg de présure achetés à l'étranger,# principalement à la Suisse# Degrés Réaumur (1 R = 1,25 °C). Durée totale : 13 joursJours 1-2 : 14 R (17,5 °C)Jour 3 : 15 R (18,75 °C)Jour 4 : 16 R (20 °C)Jour 5 : 17 R (21,25 °C)Jour 6 : 18 R (22,5 °C)Jour 7 : 19 R (23,75 °C)Jour 8 : 20 R (25 °C)Jour 9 : 21 R (26,25 °C)Jours 10-12 : 22 R (27,5 °C)Jour 13 : éclosion des versSigne d'approche : les œufs passent du gris cendré foncé au cendré clair, puis au blanc sale# Variante Bonafous (1822) : éclosion en 10 jours,# départ à 14 R et seulement 20-21 R aux 9e et 10e jours# Thermomètres à mercure préférés à ceux à esprit-de-vinBase de calcul : 1 once de graine -> 15 quintaux de feuille de mûrierSurface finale : 1 once de graine -> 220 à 250 pieds carrés de claies (soit environ 50 pieds de longueur de rayonnage à largeur courante)Début de vie : les vers d'une once n'occupent au plus que 10 pieds carrésRepère de consommation : jusqu'à la 4e mue -> feuille plus ou moins développée (estimée au poids qu'elle aurait si elle était faite) 4 jours après la 4e mue -> le ver n'a mangé que la MOITIÉ de sa feuille# Donc : la seconde moitié de la consommation se concentre# sur les derniers jours -> c'est là que les réserves manquent# Feuille la plus récemment cueillie = toujours la meilleure1er au 5e âge : repas croissants, délitements, espacement progressif6e âge : formation et récolte des cocons, choix pour la graine7e âge : naissance des papillons, accouplement, pontepuis : tirage de la soie (filature)Points de vigilance : - air renouvelé, atelier jamais confiné - litières enlevées à chaque âge - feuille jamais mouillée ni échauffée - éducations multiples possibles mais éprouvantes pour la feuille# Repère donné par l'ouvrage : le repas est suffisant quand la feuille# est entièrement consommée et que le ver, tranquille,# témoigne qu'il n'a plus besoin de rienProduits : miel, cirePlan du chapitre : 1. histoire naturelle (espèces, variétés, population de la ruche) 2. ruches et emplacement du rucher 3. conduite annuelle, essaims 4. récolte du miel et de la cire 5. ennemis et maladies# L'abeille est présentée comme le plus utile de tous les insectes connus# Une seule espèce indigène des régions tempérées d'Europe est retenue,# les autres étant citées pour mémoireMéthode exacte : peser le moût comparé à l'eau distillée à 15 °C, dans des conditions strictement identiquesMéthode pratique : aréomètre de Baumé employé comme pèse-moût (table des degrés et densités donnée d'après Tabarié, établie à 10 R = 12,5 °C)# Piège signalé : le poids du moût est influencé par les autres# substances accompagnant le sucre -> densité ≠ teneur en sucre# Exiger que l'eau et le moût soient toujours pesés# dans les mêmes conditionsVendange : pressurer le soir toute la vendange du jour raisin écrasé immédiatement, sans attente en panierCuvaison : durée réglée selon le type de vin recherchéTempérature : à corriger si la cuve est trop froide# Exemple de calcul donné par l'ouvrage :# cuve à 8 degrés, objectif 15 degrés -> différence de 7 degrés,# la quantité d'eau chaude à ajouter s'en déduit par proportionSoins ultérieurs : ouillage, soutirages, collage, mise en futaille propreEAU-DE-VIE : distillation du vin ou des marcs alcoomètre et tables de richesse alcoolique (l'ouvrage donne une table de la quantité d'alcool absolu correspondant à chaque pesanteur)VINAIGRE : acétification du vin faible ou tourné chaleur modérée, air, mère de vinaigre# Débouché des vinaigres : conservation des légumes et fruits# (cornichons, jeunes oignons, câpres, tomates, poivrons, maïs tendre)CIDRE : choix et mélange des variétés de pommes, maturation du fruit, broyage, pressurage, fermentation en futailleBIÈRE : maltage -> touraillage -> brassage -> houblonnage -> fermentationBOISSONS ÉCONOMIQUES : petits cidres, piquettes, boissons de ménage sur marcs et résidus sucrés# Ces chapitres visent explicitement les régions où la vigne# ne mûrit pas : la boisson de la ferme doit venir du verger ou du grainSAISON abattage du 1er septembre au 1er janvier gros de la campagne : milieu octobre -> 15 novembre (après, l'animal dépérit à mesure que l'herbe devient rare)ANIMAL engraissé sur bon pâturage pendant les 6 derniers mois âge : plus de 5 ans, pas plus de 7AVANT ABATTAGE bétail arrivé de loin, échauffé ou fatigué : 3 jours de repos dans un local très propre et bien aéré, à l'eau seuleDÉPEÇAGE laisser refroidir 1 jour après l'abattage retrancher les parties saignantes du cou morceaux de 4 livres minimum à 12 livres maximum inciser les grosses pièces pour la pénétration du sel VIDER la moelle des os longs avant la mise en baril aucune viande saignante ne doit passer du boucher au saleurCONDITIONNEMENT baril type marine royale anglaise : 56 morceaux de 4 livres = 224 livres de bœuf saléATELIER hangar ou local à libre circulation d'air (reconnu nécessaire) saloir en carré long, côtés d'environ 1 pied de hauteur# Repère de cadence cité : un boucher dépèce en 8 heures de travail# 30 bœufs de 450 livres chacun# Son couperet est d'une seule pièce, si lourd qu'il sépare# la viande presque par son propre poidsAU VINAIGRE : jeunes oignons, cornichons, épis de maïs tendres, haricots verts, câpres, tomates, poivrons, et même des fruits -> permet l'expédition vers les villesOLIVES (marche donnée) : 1. olives encore vertes jetées 8 à 10 jours dans de grands vases d'eau renouvelée souvent 2. le plus souvent : bain en faible dissolution de potasse ou de soude rendue caustique par la chaux 3. eau saturée de sel -> conservation en saumure 4. petits barils de 1 à 2 litres pour le transport au loin Variante : olive fendue, noyau remplacé par anchois, câpres, truffes, conservée dans l'huile, récipient bouché hermétiquement# Principe commun : exclure l'air, puis fixer par sel, acide ou huileLAINE 1. classement des moutons / des toisons 2. triage des laines par qualité 3. mesure de la finesse 4. lavage (élimination du suint), plusieurs modes décrits Qualités et défauts font l'objet de paragraphes distinctsANIMAUX MORTS dépècement, puis emploi de la chair, du sang et des os (engrais, colle, noir animal, suif) L'ouvrage chiffre la valeur des produits d'un animal mort pour montrer que rien ne doit être enfoui# Chapitre voisin : apprêt des plumes à écrire, jusqu'à la coloration,# l'assortiment et l'empaquetageEnchaînement : lavage -> râpage -> extraction du jus (presse) -> défécation à la chaux -> filtration (noir animal) -> évaporation -> cuite -> cristallisation -> turbinageRésidus : pulpes (bétail), mélasse (distillerie), écumes (engrais)# La rentabilité tient aux résidus autant qu'au sucre :# une sucrerie de ferme qui ne valorise pas ses pulpes perd son avantageMarche : arrachage -> rouissage -> séchage -> teillage -> peignage -> filasse -> filageRouissage : à l'eau (plus rapide, risque de sur-rouissage) sur pré / à la rosée (plus lent, plus régulier)Produits : filasse (fil), étoupes (cordages, grossier), graine (huile, semence)# Sur-rouir = filasse faible ; sous-rouir = teillage impossibleMÉLANGE LE PLUS COURANT betterave 1/4 + carotte 1/4 + chicorée 1/2 (proportions variables selon la facilité des approvisionnements)MARCHE 1. couper les racines à 2 à 3 lignes d'épaisseur (coupe-racines) 2. dessécher SÉPARÉMENT à l'étuve : chicorée sèche en 24 heures carotte en 30 heures betterave en 36 heures 3. passer au fourneau en arrosant de mélasse 4. moudre, sans trop affiner 5. cartouches de papier de 2 onces chacune, poudre tasséeRENDEMENTS (pour 100 de racines fraîches mises à l'étuve) chicorée 22 carotte 12 betterave 11 Rendement final en café : rarement plus d'1/10 du poids des racines vertes nettoyées et coupéesCOMBUSTIBLE 3 stères de chêne OU 15 quintaux de houille pour sécher 100 quintaux de racines vertesSAISON : campagne d'octobre à janvier (berceau de cette fabrication : Onnaing, dans le Nord)# Variante Hanovre, café de seigle :# macérer une nuit à l'eau froide, renouveler l'eau, porter à ébullition,# laver 3 fois à l'eau bouillante quand les grains ont crevé,# sécher rapidement, brûler comme le café, moudre,# conserver en pots fermés d'un couvercle# Dosage : 2 onces de poudre pour 3 tasses, 1/4 d'heure d'ébullition# Variante café-châtaigne : betteraves séchées arrosées d'huile d'olive# puis châtaignes sèches, le mélange étant ensuite brûléMOUTARDE Moulin improvisé : petite futaille défoncée d'un côté, meule fixe en granit ou pierre dure au fond, meule mobile tournant autour d'une cheville centrale, cheville ronde en fer servant de manivelle, couvercle de bois, gouttière latérale d'écoulement Préparation de la graine : vanner, laver, laisser gonfler 12 heures pour faciliter le broyage Broyer, repasser plus fin, passer au tamis de soie Puis : 1/2 kg de farine + un peu de sel marin, remettre au moulin en arrosant petit à petit de vinaigre, broyer jusqu'à pâte fine, homogène, de consistance fluide Conservation : pots scellés au bouchon de liège ou à la vessieAMADOU substance spongieuse et très combustible usages : faire du feu avec la pierre à fusil et le briquet, arrêter l'écoulement du sang des petites plaies# Autres fabrications citées : jus de réglisse# (Indre-et-Loire, Gard, Hérault, Basses-Pyrénées), extraction du sel